Benyamin Nétanyahou, ou comment faire d'une pierre deux coups. Tout en donnant satisfaction à son extrême droite, le Premier ministre israélien a mis hier l'Autorité palestinienne et les Etats-Unis dans l'embarras en proposant un nouveau moratoire sur la construction dans les colonies de Cisjordanie en échange de la reconnaissance immédiate d'Israël comme «Etat-nation du peuple juif». Une proposition tout de suite rejetée par les négociateurs palestiniens, qui la jugent «sans rapport avec le processus de paix».
La veille, Benyamin Nétanyahou avait fait approuver par le gouvernement un projet de loi obligeant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à «l'Etat juif et démocratique d'Israël». Pour ses opposants, ce texte fait partie d'une dérive nationaliste et raciste qui menace les fondements de l'Etat hébreu.
Serment.«Tous ceux qui veulent devenir des citoyens israéliens naturalisés devront déclarer qu'ils seront des citoyens loyaux d'Israël comme Etat juif et démocratique», a expliqué Nétanyahou avant le vote. Dans la forme actuelle du texte, le serment s'appliquerait uniquement aux immigrants non juifs. Les Juifs s'installant dans le pays dans le cadre de la «loi du retour» en seraient exemptés.
Les Palestiniens d'Israël, qui représentent 20% de la population, continueraient à obtenir automatiquement la nationalité israélienne. Le texte toucherait en fait surtout des Palestiniens de Cisjordan




