Autant la visite au Liban, en mai 2003, de son prédécesseur, le réformiste Mohammad Khatami, avait été discrète, autant celle de Mahmoud Ahmadinejad s'annonce tonitruante. Pour Washington, son séjour, aujourd'hui et demain à Beyrouth et dans le sud du pays, équivaut à un avis de tempête. Le département d'Etat a mis en garde, outre les ressortissants américains, le gouvernement libanais. «Nous sommes préoccupés, étant donné que l'Iran, en association avec des groupes comme le Hezbollah, s'emploie activement à miner la souveraineté libanaise», déclarait il y a quelques jours un porte-parole américain.
Les parlementaires et ministres des Forces du 14 mars (la majorité parlementaire) sont aussi sur les dents. Même s’il répondait à une invitation officielle, le président iranien arrive au Liban en pleine bagarre politique, et il n’est pas sûr que sa visite ait l’heur de plaire au Premier ministre, Saad Hariri, un allié de Washington dans la région. Pour le camp pro-occidental, si le moment est pour le moins mal choisi, c’est parce que le pays du Cèdre traverse l’une de ses plus graves crises depuis l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, le père de Saad, en février 2005.
Tribunal. La raison de la crise est liée à cet attentat, qui a coûté la vie à 22 personnes : le Hezbollah s'attend à voir plusieurs de ses membres impliqués, et a fait savoir qu'il rejetait le futur acte d'accusation du tribunal spécial de l'ONU, prétendant qu'il était fondé su




