Derrière le pseudonyme «Ko Ko», choisi pour sa sécurité, se cache un Birman de 38 ans, marié et père d'un garçon. Manager dans le secteur privé, cet homme d'origine modeste vit et travaille à Rangoun, quand il ne voyage pas en Thaïlande et en Grande-Bretagne. Il se rend régulièrement à Naypyidaw, la capitale bunker que les généraux, au pouvoir depuis 1962, ont fait surgir dans la jungle il y a cinq ans. Le 7 novembre, les Birmans sont appelés à voter aux premières élections parlementaires organisées depuis vingt ans. Convaincu que la junte militaire cherche «à rester au pouvoir par tous les moyens», Ko Ko n'y participera probablement pas. Ce simulacre de scrutin est censé effacer l'affront du vote de 1990, quand la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) d'Aung San Suu Kyi avait raflé plus des trois quarts des voix.
Ancien professeur, Ko Ko a perdu des amis et de la famille lors des émeutes de 1988 et de 2007. Par l'intermédiaire d'une amie, Amra, il a accepté sans hésiter de tenir un journal de bord. «Heureux de faire entendre [sa] voix».
Jeudi 26 août 2010
«C’est un soir comme les autres à Naypyidaw, la capitale du Myanmar. A la nuit tombée, le quartier résidentiel réservé aux fonctionnaires, habitants majoritaires ici, est d’un calme déprimant. Le seul endroit animé est la place du marché, Myoma Zay, où les minibus des ministères déversent des cohortes de fonctionnaires après le travail. La plupart des clients des restaurants sont des gra




