«C'est le procès de vie ou de mort de la démocratie en Turquie. C'est le procès qui déterminera enfin si le pouvoir de la République partagera ou non ses richesses avec les Kurdes», martelait lundi l'avocate Meral Danis Bestas, devant le palais de justice de Diyarbak?r, la capitale du sud-est anatolien à majorité kurde. Plus de 5 000 personnes, dont 2 000 membres des forces de sécurité, étaient rassemblées pour la première audience du procès du KCK (l'Union des communautés du Kurdistan), considérée comme une organisation politique paravent du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène la lutte armée contre Ankara depuis vingt-six ans. Les 151 dirigeants et élus kurdes - dont Osman Baydemir, le maire de Diyarbakir - sont tous accusés de «saboter l'unité et l'intégrité de l'Etat». Le ministère public requiert entre quinze ans et la perpétuité aggravée.
Les prévenus ont demandé à la cour de plaider en kurde. Requête refusée. «?ls parlent bien le turc, et ils ont déjà parlé en turc devant les procureurs», affirment les juges. «Nous reconnaissons le turc comme langue officielle et nous aimons bien notre langue sœur. Mais nous avons quand même le droit de nous servir de notre langue maternelle», rétorque Hatip Dicle, un ex-député sur le banc des accusés. La cour a systématiquement refusé les demandes de libération des 104 prévenus emprisonnés. «L'acte d'accusation se base essentiellement sur les écoutes téléphoniques et sur les aveux




