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Libération
Reportage

Belgrade fait les procès de ses années sombres

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Même si Ratko Mladic est toujours en cavale, la Serbie semble moins réticente à traquer et juger ses criminels de guerre.

A Belgrade en 2009 (Marko Djurica / Reuters)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyé spéciale à Belgrade
Publié le 23/10/2010 à 0h00

Quinze ans après la fin de la guerre, Ratko Mladic, l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, l’homme qui a martyrisé Srebrenica, est toujours en cavale. Sa fuite reste le principal obstacle au rapprochement de la Serbie avec l’Union européenne. Il semble toutefois que les ministres européens, réunis lundi à Luxembourg, adopteront une attitude plus conciliante vis-à-vis de la candidature serbe. Protégé par les autorités jusqu’en 2002, pensionné par l’armée de Serbie jusqu’en 2004, Mladic fait l’objet d’une véritable traque depuis 2006, quand ses complices qui le cachaient dans un appartement belgradois ont été arrêtés. L’an dernier ce sont ses carnets qui ont été saisis au domicile de son épouse. Ils font désormais partie des preuves dont dispose la justice internationale avec laquelle Belgrade, qui ne veut pas rater le train européen, est plus coopérative que jamais.

Les années où les criminels de guerre pouvaient compter sur l’impunité et une connivence bienveillante des autorités sont loin. A Belgrade, où les démocrates sont désormais bien installés au pouvoir, exécutants des pires atrocités et chefs de milices comparaissent à un rythme soutenu devant un tribunal spécial où ils répondent des crimes commis pendant la sanglante décennie 90. C’est dans un ancien tribunal militaire que siège cette cour qui partage ses locaux avec une autre juridiction spéciale, tout aussi emblématique de la volonté de la Serbie de rompre avec son passé, celle qui juge le crime organisé. De

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