Sur le mur, des petits poissons multicolores sont en train de rattraper un gros poisson capitaliste, reconnaissable à sa cravate et à son cigare. Dans la salle, comme tous les après-midi à Colombus, capitale de l'Ohio, une vingtaine de personnes apprennent à devenir ces petits poissons qui feront gagner les élections de mi-mandat du 2 novembre. Sympathisants démocrates recrutés par Working America, ils recevront une petite rétribution en échange d'un travail de terrain, obstiné. «Nous ne sommes pas riches, mais si nous sommes assez nombreux et actifs, nous pourrons l'emporter sur le gros poisson capitaliste», assure Gaelynn Dooley chargée de former les nouveaux arrivants. Fondée en 2003 par les syndicats pour élargir leur influence au-delà de l'enceinte des entreprises, Working America a développé tout un programme d'actions destiné à convaincre les travailleurs que leur intérêt est bien encore de voter démocrate. Son ambition est de contrer, par le contact humain, la «propagande» conservatrice qui inonde les chaînes de télévision, Fox News en particulier.
«Nombre d'électeurs d'Obama en 2008 sont aujourd'hui déçus», explique Dan Heck, directeur de Working America dans l'Ohio, où l'organisation est particulièrement bien implantée. Etat à la fois industriel et agricole, très touché par la crise économique, l'Ohio est un swing State, un «Etat girouette» qui avait voté Bush en 2000 et en 2004, puis Obama en 2008. Le poste de gouverneur - actuel




