«Le ministère des Affaires étrangères du Reich était une organisation criminelle… Dès le début, il a participé activement à l'application des politiques de persécution, de privation des droits, de déportation et d'extermination des Juifs», affirme Eckart Conze, responsable de la commission chargée en 2005 de faire toute la lumière sur le passé nazi de la diplomatie allemande. L'historien présente aujourd'hui à Berlin le fruit de ses recherches dans un rapport de 900 pages intitulé «l'Administration».
«Résistants». L'ouvrage montre que la collaboration des diplomates allemands à la Solution finale n'a pas été le fait de quelques brebis galeuses, version souvent défendue, mais qu'elle a été consciente et massive. Il montre aussi combien le corps diplomatique a longtemps été un centre doré de réinsertion pour anciens nazis. La France est précisément l'un des pays où les diplomates allemands ont activement soutenu la Gestapo et la SS dans la déportation des Juifs.
Ernst Achenbach, bras droit de Otto Abetz, l’ambassadeur d’Allemagne à Paris pendant l’Occupation, a ainsi participé à des rencontres préparatoires, notamment en présence du SS Werner Best, le chef de l’administration du Troisième Reich en France jusqu’en 1942.
Dans la pagaille de l'après-guerre, Achenbach avait réussi à semer le doute dans l'esprit des juges alliés en soutenant que l'ambassade d'Allemagne était au contraire un «nid de résistants» et repris ses activités d'avocat en tout




