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Fin de campagne peu amène au Brésil

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présidentielle. Alors que Dilma Rousseff devrait être élue dimanche, le pape a lancé un appel à ses ouailles.

ParChantal Rayes
SAO PAULO, de notre correspondante
Publié le 30/10/2010 à 0h00

On n'attendait plus que le Vatican. A trois jours du scrutin de dimanche, qui doit élire le successeur de Luiz Inácio Lula da Silva à la tête du Brésil, Benoît XVI s'est invité dans la campagne. Alors qu'il recevait jeudi des évêques brésiliens, le pape a recommandé d'appeler les fidèles à «utiliser le vote» pour condamner la dépénalisation de l'avortement, affirmant qu'il est du «devoir» du clergé de se manifester sur la question.

Favorite dans les sondages avec 50 à 52% d'intentions de vote, la dauphine de Lula, Dilma Rousseff, s'est sentie visée. «Je suis fatiguée de répéter que je suis contre l'avortement», a réagi la candidate de gauche, qui a passé une partie de la campagne à tenter de faire oublier ses propos favorables à la légalisation, très impopulaire, de l'IVG. Son adversaire, José Serra (centre droit), n'a pas caché sa satisfaction : «Le chef de l'Eglise catholique a le droit de donner des orientations, c'est un important guide spirituel.» Quel sera l'impact de l'appel papal ? Probablement aucun. Il faudrait un miracle pour que Serra rattrape les 10 à 13 points d'avance de Rousseff, d'autant qu'il n'y a plus que 4% d'indécis. Ainsi, la victoire de cette technocrate de 62 ans, qui fut guérillera du temps de la dictature militaire (1964-1985), paraît inéluctable.

Inconnue du grand public il y a encore six mois, elle surfe sur la popularité record de Lula (plus de 80% d'opinions favorables), qui a relancé la croissance et fait recu

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