L'opinion a horreur du vide, et la machine à rumeurs tourne actuellement à plein régime à Abidjan. Deux jours après le premier tour de l'élection présidentielle, toujours aucun résultat, si ce n'est ceux de la diaspora ivoirienne. Ce matin, lors d'une conférence de presse à Abidjan, le chef de la mission d'observation de l'Union européenne, Christian Preda, n'a pas caché son impatience, voire son agacement.
«Il est anormal que, près de quarante-huit heures après la fin du scrutin, les citoyens ivoiriens ne disposent que des résultats en provenance du Danemark ou d'autres pays étrangers, a-t-il relevé. Partout dans le monde, cela va plus vite.» Et de citer l'exemple du Brésil, pays bien plus vaste et plus peuplé que la Côte d'Ivoire qui a voté également dimanche dernier, et dont les résultats ont été connus le soir même. «Les Ivoiriens qui ont attendu parfois quatre à cinq heures pour voter ont droit d'avoir les résultats», a-t-il lancé, pointant du doigt «un décalage entre le comportement exemplaire des citoyens et les institutions».
Légalement, la Commission électorale indépendante (CEI), chargée des opérations de dépouillement et de la proclamation des résultats provisoires, dispose de trois jours pour les annoncer. Le représentant de l'Onu en Côte d'Ivoire, Youn Jin Choi, et les ambassadeurs de l'UE, ont ce matin même tenté de co




