Une fois n'est pas coutume. Première femme élue à la tête du Brésil, «Dilma la dure» s'est laissé aller à un moment d'émotion. Dans sa première allocution, dimanche soir, après l'annonce de sa victoire (56% des suffrages, contre 44% à son rival de centre droit, José Serra), Dilma Rousseff a eu du mal à contenir ses larmes en rendant hommage au président sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, qui a réussi à lui transmettre une partie de son incroyable cote de popularité (83% d'opinions positives). La voix tremblante, la «presidenta», ancienne chef de cabinet de Lula, a humblement admis qu'elle «[frappera] souvent à sa porte» : «La tâche de lui succéder est difficile, mais je saurai honorer son legs.»
Femme de l'ombre dénuée de charisme, cette technocrate de 62 ans était inconnue du grand public il y a encore quelques mois. Ex-guérillera sous la dictature militaire (1964-1985), Dilma, comme les Brésiliens l'appellent, n'avait jamais disputé la moindre élection. Sans doute n'y aurait-elle jamais songé sans Lula, qui l'a adoubée malgré une santé fragile - elle a affronté un cancer l'an dernier - et les réticences de son Parti des travailleurs (PT, gauche), où elle n'est entrée qu'en 2001. «Dilma est d'une totale loyauté à Lula et serait prête à faire un mandat de transition, explique le politologue Fernando Abrucio. Car, si ce dernier n'a pas cédé aux appels à amender la Constitution [qui lui interdisait de briguer un troisième mandat consécutif, ndlr], il a bi




