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Amérique et Europe, même recul

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ParBernard Guetta
membre du conseil de surveillance de Libération.
Publié le 03/11/2010 à 0h00

Ces midterm elections auront marqué une rupture essentielle. Depuis les années 30, il suffisait d'observer ce qui se passait là-bas pour anticiper ce qui se passerait ici. Le New Deal avait annoncé le développement de la protection sociale dans l'Europe d'après-guerre. La libération sexuelle avait pris son envol dans les sixties américaines et n'avait atteint le Vieux Monde que dans la décennie suivante. Le tsunami libéral s'était formé dans la Californie des années 70, quinze ans avant de frapper jusqu'à l'URSS. Fille de l'Europe, l'Amérique précédait toujours, et en tout, sa vieille mère mais, aujourd'hui, c'est fini.

Aujourd’hui, l’Amérique suit l’Europe. Les Etats-Unis rejoignent l’Union européenne dans cette angoisse qui la caractérisait depuis tant d’années déjà, une angoisse du recul que ces élections de mi-mandat n’ont, à leur tour, cessé de faire entendre et non sans raison. A quelques décimales près, les taux de chômage sont, maintenant, identiques en Amérique et en Europe. La croissance y est également faible. Le pouvoir d’achat des classes moyennes y a autant régressé. Le sentiment que les futures générations vivront moins bien que celles de leurs parents et grands-parents y est aussi ancré et tout autant justifié et l’Amérique et l’Europe trébuchent, ainsi, d’un même pas, rendu aussi incertain par les mêmes réalités, la même colère et les mêmes peurs.

C’est si vrai qu’on y observe les mêmes évolutions de leurs échiquiers politiques. Entre la brusque éclos

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