Al-Qaeda en Irak est-il en train de renaître de ses cendres ? La question peut légitimement être posée après la série d’attentats qui a causé plus de 100 morts depuis dimanche : 46 chrétiens dans l’attaque, dimanche soir, de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad par un commando de l’Etat islamique en Irak ; 64 morts et 360 blessés, mardi soir, dans 11 explosions coordonnées de voitures piégées visant toutes des quartiers chiites de la capitale. Depuis l’automne 2009, et plus encore depuis les élections législatives d’avril, le pouvoir de nuisance de l’insurrection jihadiste ne cesse de gagner du terrain. A Bagdad, il ne se passe plus un jour sans un tir d’obus ou une attaque. Début 2009, Al-Qaeda en Mésopotamie était pourtant donnée pour moribonde. Explications sur ce retour en force.
Les leçons du passé
La nouvelle génération de dirigeants d'Al-Qaeda semble avoir appris de ses échecs. «Les dirigeants d'Al-Qaeda première manière, à commencer par Abou Moussab al-Zarqaoui, se sont aliénés la population sunnite par leurs excès», expliquait récemment l'analyste Abdel Bari Atwan, rédacteur en chef du quotidien londonien Al-Qods al-Arabi, lors d'un débat à l'Institut du monde arabe. C'était les années 2004-2007, à l'époque où les insurgés appliquaient au sens littéral la charia dans les zones qu'ils contrôlaient, coupant la main des voleurs, interdisant la musique et le football. Leur barbarie sanguinaire, notamment celle des combattants étra




