Vendredi, 14 h 20 : «Le Castor roule !» Telle une traînée de poudre, la nouvelle a fait le tour des militants antinucléaires allemands. Ceux-ci se préparent depuis des semaines à accueillir un convoi de 123 tonnes de déchets nucléaires allemands vitrifiés et stockés dans des fûts métalliques. Le train vient de l'usine de retraitement de La Hague et se dirige vers le seul centre de stockage temporaire allemand, à Gorleben (nord-est). La mobilisation des antinucléaires est déjà qualifiée par les médias d'historique.
Après l’accord sur l’arrêt du nucléaire signé en 2001 par le cabinet Schröder, la contestation s’était assagie. Mais l’allongement de douze ans du temps de fonctionnement des centrales, voté en octobre par la coalition Merkel, a rallumé la colère. Douze ans de plus, c’est 4 400 tonnes de déchets supplémentaires, actifs pendant plusieurs dizaines de milliers d’années et que l’Allemagne ne sait pas où stocker.
Au moins 30 000 manifestants et 16 000 policiers étaient attendus samedi dans ce coin perdu aux confins de la lande de Lüneburg. Le public sera varié : des chrétiens à l’état-major des Grünen, en passant par la mouvance environnementale, des pros de Greenpeace aux agitateurs masqués ou aux paysans locaux. L’opération devrait coûter 50 millions d’euros au contribuable.
Vendredi à 16 h 30, les militants ont le sourire. A peine deux heures après son départ, le convoi a été bloqué vers Caen par des militants français : «Des actions sont prévues tout au lo




