On ne le répétera jamais assez. Être journaliste en Russie est en métier dangereux. En l'espace de trois jours, la profession compte dans ses rangs deux nouvelles victimes. Oleg Kachine, journaliste du prestigieux quotidien Kommersant, a été brutalement battu devant chez lui dans la nuit de vendredi à samedi. Deux nuits plus tard, Anatoli Adamtchouk, des Nouvelles de Joukovo, a subi le même sort dans cette petite ville de la banlieue de Moscou, connue pour accueillir chaque année un salon de l'aéronautique rival de celui du Bourget.
A 30 ans, Kachine s'est fait une petite réputation en suivant les mouvements de jeunes et les manifestations dont celles, organisées par les écolos, qui ont contraint cet été le président Dmitri Medvedev à annoncer la suspension de la construction d'une autoroute dans la forêt de Khimki, près de Moscou. Sur son blog, le jeune homme avait aussi pris à partie le gouverneur de Pskov (ouest), et ses collègues ont rapporté qu'il avait reçu des menaces. De la même manière, il avait été publiquement dénoncé par le site d'un mouvement de jeunes pro-poutiniens, «Molodoïa Gvardia» (la jeune garde), qui faisait figurer son nom sur une liste de «journalistes ennemis». Suivie de la mention : «Seront punis.»
L’agression contre Oleg Kachine, qualifiée de «tentative de meurtre» par le parquet, suit de vingt-quatre heures celle contre un écologiste de Khimki, Konstantin Fetisov, tabassé à coups de batte de base-ball. Adamtchouk




