Il y a encore quelques mois, il voulait qu'elle soit son ministre du Développement économique. Emma Marcegaglia, la patronne des patrons, avait poliment refusé l'offre de Silvio Berlusconi. Mais, désormais, celle-ci ne prend plus de gants pour critiquer le gouvernement. Alors que la croissance économique est quasiment plate après une chute de près de 5% du PIB en 2009, Emma Marcegaglia s'en prend clairement «au manque d'action gouvernementale» et «dénonce un pays en proie à la paralysie».
Si la Confindustria - le patronat - soutient encore certaines mesures de l'exécutif, les critiques indirectes se multiplient à l'égard de Silvio Berlusconi qui, il y a quelques années, proclamait à l'adresse des entrepreneurs : «Votre programme est le mien.» La crise politique comme les frasques du chef du gouvernement ne passent plus. «Le pays doit être gouverné, la navigation à vue pénalise tout le monde», a récemment rappelé Emma Marcegaglia. Et de commenter au moment des révélations sur Ruby, Nadia et les autres : «Nous y revoilà. Une nouvelle vague de boue frappe la crédibilité des institutions. Nous devons retrouver le sens de l'Etat et des institutions.»
Elu en 2000 au nom des petits entrepreneurs qui avaient largement soutenu Silvio Berlusconi contre l'establishment industriel, l'ancien président de Confindustria, Antonio D'Amato, a lui aussi fait part de sa désillusion : «Autrefois Berlusconi avait le désir de changer l'Italie et de re




