Devant la mosquée de Mit Halfa, près du Caire, Mohamed el-Beltagi harangue la foule. Dans la rue sans goudron, les villageois écoutent leur député sortant fustiger le Parti national démocratique (PND) au pouvoir en Egypte, l'affairisme, la corruption, la pauvreté. Pour le pays, Mohamed el-Beltagi a une solution : l'islam, «un projet de civilisation utile à la nation entière. Le vrai problème, c'est l'absence d'égalité sociale, les droits bafoués, les richesses volées !»
Boycott. Dimanche, les Egyptiens vont aux urnes pour des élections législatives. Mohamed el-Beltagi est Frère musulman. Un des 88 islamistes élus lors des législatives de 2005, qui ont vu la confrérie, interdite mais tolérée, réaliser une performance unique en remportant, malgré les irrégularités et les violences dénoncées par les observateurs indépendants, un cinquième des sièges, devenant la première force d'opposition parlementaire. «Une erreur qui ne se reproduira pas», a déclaré le ministre des Affaires parlementaires, Moufid Chehab. Dont acte : la semaine dernière, plus de 200 Frères musulmans ont été arrêtés lors de meetings électoraux violemment dispersés par la police, à Alexandrie et dans le delta du Nil. Amnesty International et les organisations égyptiennes de défense des droits de l'homme ont dénoncé le climat délétère, les «intimidations», la tension. Les autorités égyptiennes n'ont pas goûté les critiques, renvoyant dans ses cordes l'administration amé




