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Enquête

Le crépuscule de la françafric

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La plainte dans l’affaire des «biens mal acquis» en France par trois dirigeants africains vient d’être jugée recevable. Récit de trois années de péripéties judiciaires, entre corruption et manœuvres politiques.

Publié le 27/11/2010 à 0h00

Quoi de mieux qu’une bouteille de champagne pour fêter ça ? Jean Merckaert, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), ne pouvait décemment pas rater ce moment-là. En cet après-midi pluvieux du 9 novembre, dans le cabinet de l’avocat William Bourdon, rue de Rivoli à Paris, un petit groupe de militants anticorruption déguste une décision historique. Quelques heures plus tôt, la Cour de cassation vient de juger recevable la plainte de l’association Transparence internationale France (TI) dans l’affaire dite des «biens mal acquis» (BMA). Dans quelques jours, un juge d’instruction va être nommé pour enquêter sur le financement du vaste patrimoine immobilier acquis en France par trois dirigeants africains : feu Omar Bongo (l’ancien président du Gabon, décédé en juin 2009), Denis Sassou-NGuesso (à la tête du Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang (président de la Guinée-Equatoriale). Après des années de péripéties judiciaires, Jean et les autres n’osaient plus espérer une telle issue.

Visibilité médiatique

Car le parquet aura tout tenté pour tuer dans l’œuf cette procédure inédite, initiée par une poignée de militants anticorruption et qui a, d’ores et déjà, provoqué quelques dégâts diplomatiques. La décision de la Cour de cassation marque l’épilogue - provisoire - d’une saga judiciaire entamée en mars 2007, quelques semaines avant l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Une saga qui a vu un ministre de la République, Jean-Marie Bockel, se faire éjecter du gouvernement ; un vie

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