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Libération
Éditorial

Maux bien nommés

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Publié le 27/11/2010 à 0h00

Tiken Jah Fakoly est-il candide et solitaire ? Son album reggae tombe à pic : l'Afrique revient au-devant de l'actualité. La Cour de cassation admet enfin que la justice mette son nez dans les biens mal acquis par les Bongo, Obiang, Sassou-Nguesso, trois grands dirigeants africains. Bemba, héritier de Seko Mobutu, ex-roi du Zaïre, est enfin jugé par la cour de La Haye, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Et l'on va voir, ce dimanche, si Gbagbo et Ouattara, candidats à la présidentielle ivoirienne, font tourner au carnage le second tour électoral. La routine en somme. Que vient faire Tiken Jah dans cette calamité ? Il chante, me direz-vous, mais le titre de son dernier opus, African Revolution, est une réponse à cette dérive du continent noir, où les populations semblent se résigner au pire. Paroles volées au gré des chansons engagées du chanteur ivoirien, exilé au Mali, qui «chante, dit-il, pour ne pas accepter». «Personne ne viendra changer l'Afrique à notre place, il faut se lever pour changer tout ça»; «Tu dis qu'on est des frères et tant pis si tu penses le contraire. Tu nous endors»; «Je ne veux pas ton pouvoir, pas besoin de l'avoir, je ne suis pas ton miroir mais ton cauchemar. Je ne veux pas de ta gloire, je vis d'espoir.»Le rêve de Tiken Jah gagne les esprits africains, assurés qu'ils ne devront compter que sur eux-mêmes. Ce que l'écrivain haïtienne Yanick Lahens résume par cette phrase : «A la

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