Jamais dans l'histoire de la diplomatie mondiale, une telle masse de documents confidentiels avait été jetée sur la place publique. Les 250 000 et quelques télégrammes diplomatiques que WikiLeaks et cinq journaux partenaires ont commencé à publier ce dimanche lèvent des coins de voile sur tous les grands dossiers stratégiques du jour. Couvrant pour la plupart la période courant de 2004 jusqu'à février 2010, ces documents n'étaient pas «top secret». La plupart n'étaient même pas classés «secrets» mais seulement «confidentiels», le degré de protection le moins élevé aux Etats-Unis. La publication d'un document confidentiel peut causer un «dommage» à la sécurité nationale, celle d'un document «secret» un «sérieux dommage», et un document «top secret» un «dommage exceptionnellement grave», prévoit la classification américaine. En l'occurrence, la masse de documents révélés d'un coup fait aussi voler en éclat cette échelle car le dégât est immense pour la diplomatie américaine et même mondiale. «Ce sera le 11 Septembre de la diplomatie mondiale», a résumé le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.
Pourquoi WikiLeaks publie-t-il ces documents ?
Au nom de la «transparence». Pour révéler les «mensonges» et «violations des droits de l'homme» commis au nom de la démocratie américaine, a expliqué Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, dans de nombreuses interviews passées. En avril, WikiLeaks a commencé par dénoncer la guerre en Irak en p




