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Libération

Beyrouth craint l’explosion

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Devançant l’acte d’accusation, le Hezbollah est entré dans une phase d’intimidation.

Publié le 01/12/2010 à 0h00

Depuis des semaines, les Libanais retiennent leur souffle. Jusqu’ici, tout va bien. Dans quelques jours, tout pourrait basculer. Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de juger les assassins de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, doit émettre l’acte d’accusation avant la fin de l’année. Des membres du Hezbollah, le parti chiite pilier de l’opposition, pourraient être mis en cause dans l’attentat qui a coûté la vie au grand leader sunnite, et père de l’actuel chef du gouvernement, Saad Hariri.

Un scénario catastrophe, qui menace de creuser irrémédiablement le fossé entre deux des trois grandes communautés confessionnelles du pays. Et qui «équivaudrait à déclencher le détonateur, à enflammer la mèche et à créer une explosion», selon les mots de cheikh Naïm Qassem, le numéro 2 du Parti de Dieu. Depuis juillet, le Hezbollah a graduellement durci son discours jusqu'à menacer de «couper la main» qui tenterait d'arrêter l'un de ses membres.

Gages. Dans un premier temps, le parti chiite avait pourtant choisi de coopérer, acceptant notamment que 12 membres ou proches du mouvement soient entendus comme témoins. Mais son chef, Hassan Nasrallah, suspicieux envers le TSL, avait également exigé des gages de neutralité et demandé que les enquêteurs suivent toutes les pistes, y compris israélienne. En juillet, c'est la rupture. Nasrallah aurait été informé par Saad Hariri que «des éléments indisciplinés du parti» allaient être accusés.

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