Sur la rue principale de Pristina, face au siège du gouvernement, une grande affiche arbore un «Stop aux privatisations». Le dossier est brûlant. Il a fait tomber le gouvernement et est au centre de la campagne des législatives qui ont lieu dimanche dans le dernier-né des Etats européens, le Kosovo.
Aux Postes et Télécommunications (PTK), le gros lot convoité de tous, les syndicats, hostiles à la privatisation, bénéficient d'une pause grâce au scrutin. Milazim Alshiqi, le président du syndicat de la plus grosse entreprise du pays, ne veut pas en démordre : «Pourquoi vendre les PTK pour 350 millions d'euros alors qu'ils ont versé 335 millions d'euros au budget de l'Etat au cours des derniers dix-huit mois.» L'angoisse perce :«Qu'allons nous devenir dans un pays où le chômage tourne autour de 50% ?» Alshiqi a organisé plusieurs débrayages et piquets de grève, une nouveauté dans ce pays, issu de l'ex-Yougoslavie socialiste, devenu libéral à outrance. «Nous sommes le seul pays d'Europe qui n'a ni sécurité sociale ni système de retraites», déplore le Dr Ferid Agani, leader du Parti de la justice. Un bilan qui interpelle dans un pays qui a touché plus de 3 milliards d'euros d'aides entre l'arrivée des troupes de l'Otan après l'intervention de 1999 contre la Serbie et son accession à l'indépendance en 2008.
Démesurée. Deux ans plus tard, le Kosovo peine toujours à définir un projet de société. Et il reste loin de pouvoir entrer dans les ins




