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Nobel à Oslo, fureur à Pékin

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En prison en Chine, le militant pro-démocratie Liu Xiaobo n’a pu voyager pour recevoir son prix.

Le Comité Nobel réuni à Oslo le 10 décembre 2010. (© AFP Odd Andersen)
ParAnne-Françoise Hivert
Christophe Alix
envoyé spécial à Oslo
Publié le 11/12/2010 à 0h00, mis à jour le 11/12/2010 à 9h31

Les quatre femmes et les deux hommes du comité Nobel norvégien, tous anciens parlementaires et parfois ministres, entourent le fauteuil vide sur lequel a été posée une reliure grand format : la récompense du prix Nobel de la paix 2010 attribuée au dissident chinois Liu Xiaobo. «Personne n'a pu venir recevoir le diplôme et la médaille, je vais donc les poser sur la chaise vide», avait annoncé le président du comité Nobel norvégien, Thørbjorn Jagland, longuement applaudi par les 400 invités.

Main tendue. Ce n'est que la deuxième fois en 109 ans d'existence que le Nobel de la paix est décerné à une chaise vide. La première, c'était en 1936. Le pacifiste allemand Carl von Ossietzky était alors détenu dans un camp nazi. «Le seul fait que la Chine ait refusé à Liu Xiaobo ou à sa femme de venir recevoir le prix suffit à justifier notre choix. Nous félicitons Liu Xiaobo pour son prix.»

Thorbjørn Jagland a expliqué que Liu Xiaobo n'a fait qu'exercer les droits fondamentaux prévus à l'article 35 de la constitution chinoise et devait donc être relâché. Ce fin diplomate a tendu la main avec insistance à la Chine en lui demandant «d'accepter la critique». La veille, lors de la conférence de presse, il avait déjà ménagé Pékin en expliquant qu'il ne fallait pas comparer la Chine au régime nazi, allant jusqu'à faire applaudir la Chine et saluant la manière dont le pays avait «fait sortir des centaines de millions de personnes de la pauvreté en u

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