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Interview

«Pékin fait pression depuis des années»

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Thorbjørn Jagland, président du comité Nobel :

Publié le 11/12/2010 à 0h00

Thorbjørn Jagland est président du comité Nobel depuis 2009 et secrétaire général du Conseil de l’Europe. Il évoque les pressions de Pékin sur le Comité.

Vous attendiez-vous à de telles réactions de la part de la Chine après l’attribution du prix Nobel ?

Ce n’est pas une surprise. Mais nous ne pouvions pas prendre cela en considération. Le comité Nobel est totalement indépendant. Il ne travaille que sur la base du testament d’Alfred Nobel. Le prix doit récompenser une personnalité qui a œuvré pour le rapprochement des peuples, le désarmement ou la résolution pacifique d’un conflit. Il y a soixante ans, il a été établi que la lutte pour les droits de l’homme est aussi un combat pour la fraternité entre les peuples. Œuvrer pour la démocratie, c’est se battre pour la paix. C’est pourquoi nous avons récompensé Liu Xiaobo.

Avez-vous subi des pressions ?

Il y a eu des tentatives visant à influencer le comité. Mais c’est de bonne guerre. Nombre de pays s’y essaient. D’ailleurs le lobbying va dans les deux sens : pour un candidat ou contre lui. Depuis plusieurs années, Pékin essayait d’empêcher qu’un défenseur des droits de l’Homme soit récompensé. Cette année, les pressions exercées ont été un peu plus fortes.

Que s’est-t-il passé ?

Lors d’une réunion au siège des Nations unies à New York, le ministre chinois des Affaires étrangères a dit à son homologue norvégien que la Chine ne voulait pas d’un prix Nobel récompensant un de ses dissidents. C’était la première fois que le sujet était évoqué à un tel niveau et si ouvertement. Par ailleurs, la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères a demandé à me rencontrer, ainsi que le directeu

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