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grand angle

Kibboutzim à portée de guerre

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Comment vit-on dans les villages du nord d’Israël, à quelques kilomètres du Hezbollah, surarmé et menaçant ? En alerte permanente.

ParDelphine Matthieussent
Envoyée spéciale au kibboutz Yiron
Publié le 14/12/2010 à 0h00

Ada Sereni, âgée de «plus de 80 ans», comme elle le dit avec coquetterie, n'a pas quitté sa terrasse dans le kibboutz Yiron, à la frontière israélo-libanaise durant la guerre de 2006 avec le Hezbollah, malgré les 4 000 roquettes qui se sont abattues sur Israël. Elle y a fumé, les unes après les autres, ses cigarettes sans filtre en regardant les violents combats qui se déroulaient dans le village libanais de Maroun-al-Ras, visible sur une hauteur à un peu moins d'un kilomètre des maisons de Yiron, une communauté de 150 membres. «Tout le monde me disait de descendre dans l'abri mais je voulais voir ce qui se passait», raconte, de sa voix rauque, l'énergique octogénaire.

Ada en a vu d'autres. Elle fait partie du petit groupe de combattants de la Haganah, une des forces armées à l'origine de l'armée israélienne, qui a participé aux combats de la guerre d'indépendance en 1948 et a fondé le kibboutz. L'ex-députée du Parti travailliste vit «normalement», malgré les risques d'un embrasement avec la milice chiite. «Tout peut recommencer demain, il y a un gros risque que le Hezbollah, aidé par les Syriens et les Iraniens, prenne le contrôle du Liban et provoque un nouveau conflit avec Israël, confie-t-elle. Mais après autant d'années passées à côté de la frontière, elle fait partie de ma vie. Je n'y fais plus attention. Ce n'est pas de l'héroïsme, c'est une donnée de mon existence.»

Yiron fait partie des dizaines de communautés de l’extrême nord d’Is

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