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En Côte-d'Ivoire, Gbagbo muselle la presse

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Le président ivoirien proclamé Laurent Gbagbo (d) et son Premier ministre Gilbert Marie N'gbo Ake à Abidjan le 7 décembre 2010. (© AFP Issouf Sanogo)
Publié le 17/12/2010 à 13h49, mis à jour le 17/12/2010 à 14h11

Alors qu’un calme précaire règne sur Abidjan, au lendemain des heurts entre partisans de Ouattara et soldats pro-Gbagbo qui auraient fait une vingtaine de morts, le régime du président sortant choisit la fuite en avant. La presse d’opposition est désormais dans le viseur du pouvoir de Laurent Gbagbo. Plusieurs journaux n’ont pas pu paraître ce vendredi matin, suite à une descente des hommes de la Garde républicaine dans plusieurs imprimeries d’Abidjan, munis d’une liste noire.

Impossible de trouver «Le Patriote», «Le Nouveau Réveil», «Le Jour plus», «L'Expression», «Nord-Sud», «Le Mandat» et «L'Intelligent d'Abidjan». En signe de protestation, révèle l'association Reporters sans frontières (RSF), l'imprimerie Sud-Actions a refusé d'imprimer «Le Nouveau Courrier» et «Le Temps», deux journaux acquis à la cause de Laurent Gbagbo. Les hommes de la Garde républicaine ont également enjoint au distributeur des journaux, Edipresse, de bloquer les journaux incriminés «jusqu'à nouvel ordre».

Denis Kah Zion, directeur général du quotidien «Le Nouveau Réveil» et patron du groupement des éditeurs de presse, témoigne: «Le nouveau ministre de la communication nommé par Gbagbo avait dit, il y a quelques jours, que les journaux qualifiant Alassane Ouattara de "président élu" et Gbagbo d'"ancien chef de l'Etat" allaient être interdits. Le régime de Gbagbo a tenu parole, mais il est passé par les militaires. Grâce à Dieu, les soldats n'ont pas attaqué les rédaction

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