Via Giulia, à l'arrière du palais, une grue dépose avec précautions des caisses venues du château d'Ecouen, sous l'œil inquiet d'Eléonore. Les traits tirés par la fatigue, la jeune femme surveille le retour au bercail du somptueux «cabinet des camées et des médailles», habituellement exposé au musée national de la Renaissance. Au total, ce sont 150 œuvres, venues de Naples, du Louvre, de Chambord ou de Besançon qui retrouvent, pour quatre mois, leur ancienne maison. Une exposition prestigieuse, qui ressuscite la collection unique qu'une famille de grands prélats avait réunie en ces lieux. Selon un inventaire du XVIIe siècle, pas moins de 630 tableaux ont trôné ici, avant que le palais soit vidé par ses occupants successifs contre les vœux des fondateurs, qui avaient décrété l'ensemble inséparable et inaliénable. Pourtant, certains chefs-d'œuvre, maintes fois copiés par des artistes comme Rubens, sont restés des références de l'histoire de l'art sous le nom familial qui désigne toujours le bâtiment aujourd'hui : le palais Farnèse.
Cheville ouvrière
Dans les musées du monde entier, le nom du bâtiment continue de résonner : la Table Farnèse, en pierre dure, fait l'orgueil du Met, à New York, le Cabinet Farnèse du château d'Ecouen, l'Hercule Farnèse, le Taureau Farnèse, ou la Tazza Farnèse du musée archéologique de Naples, etc. De quoi maintenir sur le qui-vive Eléonore Assante Di Panzillo, cheville ouvrière de l'exposition, chargée, à 24 ans




