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Gorbatchev sombre avec l’URSS

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Dans les archives de «Libé», il y a 19 ans. L’instigateur de la perestroïka, déchu quatre mois plus tôt par un putsch, donne sa démission quatre jours après le démantèlement de l’Union soviétique, faute de pouvoir l’accepter.

George Bush et Mikhail Gorbatchev, le 31 juillet 1991 à Moscou. (Photo Rick Wilking. Reuters)
ParPierre BRIANCON
(Libération du 26 décembre 1991).
Publié le 18/12/2010 à 0h00

Mikhaïl Gorbatchev sort du pouvoir et entre dans l’histoire, fidèle au principe qui lui rend la Russie éternellement débitrice. Durant les six ans qu’il a trôné au Kremlin, jamais cet héritier de Lénine et de Staline n’a choisi le pire contre l’inévitable, et sa reddition, de bonne grâce, au démantèlement final illustre encore sa fidélité à ce choix. Cette démission forcée, apparemment si semblable aux démissions de l’histoire communiste marque au contraire la singularité de ce dirigeant qui a si radicalement tranché avec la tradition russe et soviétique. Jamais il n’a cherché à s’opposer à l’évidence, quand même il n’avait ni prévu ni souhaité les événements que ses actions avaient souvent déclenchés. Jamais il n’a choisi la force ou le sang contre l’incertitude et l’anarchie sorties bouillonnantes de la marmite dont il avait ôté le couvercle.

Cette intelligence non intellectuelle, ce pragmatique si longtemps accroché à une chimère - le mariage contre-nature de la démocratie et du «choix socialiste», ce cynique roublard parvenu au pouvoir pour l’ouvrir à la morale démocratique, emporte en sa retraite sa part de mystère. Pendant les six ans où il a tenu le monde en haleine, il fut en chacun de ses actes, incroyable et prévisible, calculateur et dépassé, révolutionnaire et conformiste.

Dans l' interview qu'il accorde à l'hebdomadaire Newsweek, Boris Eltsine date de 1987 le moment où «Gorbatchev a commencé à faire des erreurs». Il s'agit plutôt de la date à laquell

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