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Libération

Une sévère législation sur le viol

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Depuis la loi de 2005, le royaume scandinave détient le record européen de plaintes.

Publié le 27/12/2010 à 0h00

Mark Stephens, l'avocat londonien de Julian Assange, a réussi un tour de force : convaincre les internautes que son client n'est «pas recherché pour des allégations de viol», mais pour un autre délit : le «sexe par surprise».

Il assure que son client a été piégé. Les deux jeunes femmes qui l’accusent étaient consentantes.

La législation suédoise en matière de viol est assez similaire à celles de ses voisins européens. «Pour que le viol soit établi, il faut que le rapport sexuel ait été forcé et qu'une certaine violence ait été exercée», explique Christian Diesen, professeur de droit à l'université de Stockholm. Mais l'application de la loi est différente : «Nous avons une définition élargie du viol, qui fait qu'un certain nombre d'actes classés comme tels en Suède ne le sont pas ailleurs»,explique Nils Petter Ekdahl, juge au tribunal de Lund. Ainsi, même dans le cas d'une relation consentie au départ, un homme qui refuserait de s'arrêter alors qu'une femme lui en ferait la demande peut être condamné pour viol. «Un refus est toujours un refus, peu importe qu'il intervienne après un consentement», observe Christian Diesen. «Il suffit que l'homme s'allonge sur le corps de la femme, pour que cela constitue un viol», ajoute Nils Petter Ekdahl.

En 2005, la Suède a durci sa législation. Considéré avant comme une agression sexuelle, un rapport avec une personne inconsciente, ivre, malade, ou endormie, est désormais

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