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La descente aux enfers de l’ancien roi du pétrole russe

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Le milliardaire épris de démocratie est emprisonné dans un camp en Sibérie.

Publié le 28/12/2010 à 0h00

Avec ses petites lunettes cerclées et son sourire énigmatique de Bouddha droit sorti d'un temple d'Angkor, il a plus l'allure d'un mathématicien ou d'un joueur d'échecs que d'un roi du pétrole. Même déchu. Mikhaïl Khodorkovski, le prisonnier du Kremlin, a toujours été un oligarque atypique. Un anti-bling-bling : la même femme depuis vingt ans, et leurs jours communs ont débuté à l'Institut moscovite où il a étudié la chimie avant de devenir chef de la section locale des Komsomol (jeunesse communiste). Aucun goût pour le luxe flamboyant, pas de yacht ni de club de foot ou de basket. «Enfant déjà, je rêvais de devenir directeur d'usine, pas cosmonaute ni militaire», livre-t-il dans la correspondance qu'il a tenue depuis sa prison sibérienne avec l'écrivain russe Boris Akounine. Ses parents étaient tous deux ingénieurs, vivaient à Moscou dans un modeste deux-pièces. Directeur, c'était sa vision à lui de la promotion sociale. Un rêve osé en cette époque de communisme déclinant pour un jeune issu d'une famille juive. Le rêve de Mikhaïl Khodorkovski sera comblé outre mesure. Plus dure sera la chute.

Ordinateurs. L'ascension de Khodorkovski se confond avec l'histoire d'une époque. Celle de la transition et de la venue au pouvoir de Boris Eltsine. Deux fois, en 1991 et en 1993, le jeune Mikhaïl descendra dans la rue pour le défendre. Homme de son temps, le chimiste est féru de nouvelles technologies. Il importe des ordinateurs d'Occident. C'est dans ce comme

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