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Interview

«S’assurer que Khodorkovski reste enfermé dans un camp pénitentiaire, loin de Moscou»

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Marie Mendras, chercheuse au CNRS, analyse les enjeux de cette condamnation à deux ans de la présidentielle :

Publié le 28/12/2010 à 0h00

Chercheuse au CNRS et au Centre d'études et de recherches internationales, professeure à Sciences-Po, auteure de Russie, l'envers du pouvoir (Odile Jacob, 2008), Marie Mendras a assisté à plusieurs audiences du procès Khodorkovski.

Que signifie ce verdict de culpabilité ?

Peut-on appeler jugement ce qui est le dénouement d’un procès qui n’en est pas véritablement un ? Puisqu’il y a un consensus pour dire que les nouveaux chefs d’accusation contre Khodorkovski sont totalement extravagants et que les deux accusés n’avaient aucune possibilité de détourner des milliards de dollars de pétrole, à savoir l’entière production de Ioukos pendant plusieurs années.

Est-ce donc une manifestation de la toute-puissance de Vladimir Poutine ?

La Russie n’a pas besoin d’une preuve supplémentaire que Poutine est le vrai patron. Je n’ai jamais pensé que Medvedev pouvait sortir de son rôle de faible lieutenant pour devenir le chef du pouvoir exécutif. Ce procès n’a pas cette fonction. Il a pour but de s’assurer que Khodorkovski reste enfermé dans un camp pénitentiaire, loin de Moscou. Au départ, en 2003, il s’agissait d’un conflit entre deux hommes, Khodorkovski et Poutine, sur la manière dont devait être gouvernée la Russie à l’époque où la manne pétrolière devenait sa principale richesse. Cette manne allait devenir la fonction clé de la consolidation du régime de Poutine. Après l’arrestation des dirigeants de Ioukos, le régime a cassé Ioukos et dépouillé ses actionnaires.

En quoi Khodorkovski est-il dangereux maintenant ?

Il aurait dû être libéré en 2011. C’est pour cela qu’il a été décidé de relancer de nouvelles accusations contre lui. Avec le même

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