Menu
Libération
Billet

La Serbie renoue avec les pénuries

Réservé aux abonnés

Publié le 29/12/2010 à 0h00

Noël reste Noël, y compris chez les orthodoxes, et les magasins de Serbie seront pleins, même si pour la première fois depuis les années de guerre l'inflation s'affiche avec deux chiffres. «Il n'y aura pas de pénuries», répètent en chœur les politiciens. Pas de pénuries de viande, pas de pénuries de médicaments… Nema («Il n'y en a pas»). On croyait l'expression disparue avec la transition capitaliste. C'était un tort. Elle est revenue avec son corollaire, les files d'attente, au milieu de l'été.

Ces pénuries, les premières depuis la mort de la Yougoslavie socialiste et les années de guerre, ont concerné en premier lieu l'huile, le lait et le sucre. «On se croirait revenus à l'époque qui a suivi la mort de Tito, murmuraient les consommateurs. C'est à ce moment-là qu'on a compris que notre pays avait vécu à crédit pendant des décennies.»

C'est bien la première fois que les Belgradois se rappellent que leur passé communiste n'a pas toujours été rose. «J'ai honte pour la Serbie de voir que ces produits manquent dans un pays agricole», soupirait au début de l'automne le ministre de l'Economie, Mladjan Dinkic. Pour calmer le jeu, le gouvernement a importé d'urgence dès le début du mois de septembre de l'huile et autres produits manquants.

La surprise passée, tout le monde se demande comment le pays a pu en arriver là, alors que les sanctions internationales, qui avaient frappé la Serbie pendant la guerre, l’avaient certes privée de produit

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique