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Mère Teresa, reine du Kosovo

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Pour fêter le centenaire de la naissance de la Prix Nobel, le jeune Etat lui consacre une cathédrale à Pristina, la capitale kosovare. Non sans arrière-pensées politiques.

Publié le 31/12/2010 à 0h00

L'année qui s'achève au Kosovo n'est pas une année comme les autres. C'est officiellement celle de Mère Teresa (1910-1997), cette religieuse catholique albanaise, fondatrice des Missionnaires de la charité, qui consacra sa vie aux pauvres de l'Inde, obtint le Nobel de la paix en 1979 et fut béatifiée en 2003 par le pape Jean Paul II. Pour commémorer le 100e anniversaire de sa naissance, Pristina, la capitale du dernier-né des Etats d'Europe, lui a bâti une cathédrale. L'édifice inachevé a été inauguré en grande pompe le 5 septembre, jour où elle mourut. Le double clocher, qui va l'encadrer et en faire le bâtiment le plus haut du Kosovo, n'est pas encore construit. A l'intérieur, seul le gros œuvre est terminé. La cathédrale, qui sera la plus grande église catholique des Balkans, ne devrait pas être achevée avant plusieurs années.

Par quelle étrangeté un pays à plus de 90% musulman construit-il, dix ans après la fin de la guerre avec la Serbie, la plus grande cathédrale catholique de la région ? La volonté d’en faire le point d’ancrage du catholicisme dans la région est manifeste puisque l’évêché, qui se trouve actuellement à Prizren, petite ville du sud-est, déménagera à Pristina dès la fin des travaux de la cathédrale. Mais cet évêché fédérera au plus 65 000 catholiques dans un pays de deux millions d’habitants. Bien peu pour en faire un pays catholique.

Il est clair que l’intention de ses constructeurs est plus politique que religieuse : c’est celle de donner un v

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