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Guantánamo, neuf ans de polémiques et une promesse non tenue

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Barack Obama n’a toujours pas fermé le camp de détenus soupçonnés de terrorisme.

Un militaire devant la prison de Guantanamo Bay, le 25 octobre 2010 (© AFP Virginie Montet)
ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 03/01/2011 à 0h00

Deux anniversaires seront atteints, mais certainement pas célébrés, en ce mois de janvier 2011 au camp de Guantánamo. Le 11 janvier, le «camp du non-droit», où les Etats-Unis détiennent sans jugement des suspects de terrorisme, entrera dans sa dixième année : les 20 premiers prisonniers étaient arrivés le 11 janvier 2002 sur cette base de l'armée américaine à Cuba, partiellement reconvertie en camp de détention. Le 22 janvier 2011, cela fera aussi deux ans que Barack Obama a promis de fermer ce camp… dans l'année. Cette promesse de campagne n'a pas été tenue et rien n'indique même qu'elle pourra l'être d'ici à la prochaine présidentielle de 2012.

La fermeture de Guantánamo «prendra sans doute un certain temps», a dû avouer récemment le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs. 174 prisonniers sont encore détenus dans ce camp de haute sécurité, parmi lesquels trois seulement ont été jugés et condamnés. L'administration Obama n'a pas eu «la volonté politique» suffisante pour mettre en œuvre sa promesse de fermer Guantánamo, regrette le professeur William Quigley, professeur de droit à l'université Loyola, à la Nouvelle-Orléans. «La promesse de fermer Guantánamo a été sacrifiée pour poursuivre d'autres objectifs politiques jugés plus importants, comme la réforme de la santé par exemple, déplore cet expert, également directeur juridique du Centre pour les droits constitutionnels. Les détenus de Guantánamo n'ont pas de puissant lobby

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