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Libération

Tunisie, la colère est dans la rue

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Manifestation en soutien aux habitants de Sidi Bouzid à Tunis le 27 décembre 2010. (© AFP Fethi Belaid)
Publié le 05/01/2011 à 0h00, mis à jour le 05/01/2011 à 13h03

Que se passe-t-il en Tunisie ? Pas encore une révolution, mais plus qu’une révolte. Cela fait deux semaines et demi que le pays couve comme un volcan en phase de réveil. Le président Ben Ali, qui règne d’une main de fer depuis 1987, a cru y mettre fin par un discours télévisé de père (Fouettard) de famille, dans lequel il a expliqué comprendre les manifestants mais ne plus tolérer de troubles. Deux ministres et trois gouverneurs ont été débarqués pour l’exemple. Mais, rien n’y fait. La protestation se poursuit : avocats, enseignants, lycéens prennent le relais un peu partout, comme un feu de prairie qui s’éteint ici pour reprendre là. Hier, la police a violemment dispersé des centaines de lycéens à Tala, dans l’ouest du pays, rassemblés pour une marche de solidarité.

Tout a commencé le vendredi 17 décembre. Mohamed Bouazizi, un diplômé chômeur de 26 ans, tente de mettre fin à ses jours en s'aspergeant d'essence et en craquant une allumette sur la place principale de Sidi Bouzid (centre), juste devant la préfecture. Il entend protester contre la confiscation de sa marchandise par des agents municipaux et, plus généralement, contre une vie de misère : à quoi bon faire des études, si c'est pour vendre des légumes au marché. Le lendemain, des dizaines, puis des centaines de jeunes participent à un sit-in devant le siège du gouverneur. Lequel les fait chasser par la police à coups de gaz lacrymogènes et de matraques. La ville s'enflamme, rapidement imitée par d'autres bourgades de

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