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Portrait

A Lahore, l’itinéraire d’un repenti du jihad

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Usé par cinq ans de lutte contre l’Otan dans le maquis afghan, Mansour a quitté le Lashkar-e-Toiba pour devenir commerçant.

ParCélia Mercier
Envoyée spéciale à Lahore
Publié le 07/01/2011 à 0h00

Dans sa petite épicerie de quartier, il vend des cigarettes, du savon, des chips ou encore des bougies pour les coupures de courant. Mansour est un homme imposant, taillé d'un bloc, à la voix caverneuse. Mais personne dans le voisinage ne se doute que l'épicier du coin est un ancien soldat du jihad. L'homme préfère se taire, faire table rase de ce passé. Même avec sa famille, il est resté évasif sur ces années où il avait disparu, sans prévenir. Originaire d'une petite ville à quelques kilomètres de Lahore, la capitale de la province pakistanaise du Pendjab, Mansour était vendeur dans une boutique en 2001. Il avait 20 ans quand il s'est lié d'amitié avec l'un de ses clients réguliers. L'ami l'invite un jour à rencontrer son «amir», son chef spirituel. Fasciné, Mansour tombe sous la coupe de cet homme charismatique, qui n'est autre qu'un dirigeant du Lashkar-e-Toiba, «l'armée des purs».

«En découdre». Créée dans les années 90, cette armée sert alors de milice clandestine aux services secrets pakistanais pour intervenir au Cachemire, ce petit territoire himalayen que se disputent l'Inde et le Pakistan. Le groupe est accusé de nombreuses attaques en Inde, et notamment soupçonné d'avoir perpétré les attentats de Bombay de novembre 2008. Il est considéré par les Nations unies comme proche d'Al-Qaeda. Le Lashkar-e-Toiba a pourtant été officiellement interdit en 2002 par l'ancien président Pervez Musharraf. Un bannissement tout relatif, puisqu'il a émergé à

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