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Les nouveaux sultans de Zanzibar

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Chassés de l’île il y a quarante-six ans, les anciens maîtres arabes reviennent. Ils rénovent les demeures historiques et construisent des hôtels de luxe pour l’élite du Golfe, dans l’espoir de concurrencer Maurice et les Seychelles.

Publié le 07/01/2011 à 0h00

Qui flâne dans les rues de Stone Town, la capitale de Zanzibar, semble s’être égaré dans une page des Mille et Une Nuits. Les prières s’envolent des 50 minarets de la ville, une odeur d’encens s’échappe des demeures. Des hommes en longues tuniques blanches s’enivrent de café en jouant aux dominos, des femmes couvertes de voiles colorés disparaissent derrière de lourdes portes en bois sculptées, ornées de feuillets d’or et gravées des versets du Coran… Mais l’illusion s’arrête là. Les maisons sont en ruine. L’instant d’un battement de porte, le voyageur entrevoit les richesses du million d’habitants de Zanzibar: un matelas sur le sol et un ventilateur pour chasser l’air étouffant de chaleur humide. L’île, pourtant, veut retrouver sa splendeur passée. Quitte à faire appel à ses anciens maîtres arabes qu’elle a chassés il y a quarante-six ans.

Le passé, c’est fait pour être oublié

Zanzibar fut la perle de l’empire omanais. Dès 1698, le petit pays de la péninsule arabique colonise l’île proche de la cote tanzanienne, et s’enrichit grâce au commerce des épices et des esclaves. Plus de deux siècles durant, les Omanais de Zanzibar acheminent les Africains venus de tout le continent pour les revendre aux riches entrepreneurs britanniques, arabes ou français. Chaque mois, 600 esclaves sont alors vendus sur le marché de Stone Town. Mais en 1964, une révolution met brutalement fin au règne économique des Omanais. Les Africains de l’île ne supportent plus l’arrogance des anciens maîtres et leur supériorité économique héritée

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