Ni l'attentat mercredi contre l'ambassade de France à Bamako, ni la mort des deux Français enlevés à Niamey, au Niger voisin, n'ont changé grand-chose aux habitudes des expatriés dans la capitale malienne. Samedi soir, leurs lieux de sortie favoris étaient toujours aussi fréquentés. «Je ne vais pas changer ma façon de vivre, confirme le client d'un bar prisé des expatriés et des Maliens aisés. Si tu tombes dans la psychose, tu ne fais plus rien.» Volontaire internationale en entreprise, Emeline compte assister aux prochains concerts du centre culturel français, mais privilégiera désormais les sorties «en groupe et dans des lieux peu exposés». Le patron du bar rit quand on évoque l'installation d'un sas de sécurité : «Bamako est toujours aussi fun mais quand on écoute les nouvelles, on a l'impression que c'est catastrophique. Ici le système d'information informel fonctionne très bien. Dès qu'on voit une nouvelle tête, tout le monde le sait.»«De ce que j'en sais, Niamey est une ville plus dure que Bamako, et la population n'est pas la même», commente Eric, qui veut croire qu'il est plus difficile pour les terroristes d'agir à Bamako, ville plus éloignée de leur zone d'action. «Autour de moi personne n'en parle, rapporte un expatrié. Pour le Malien lambda, c'est un non-événement.»
Vendredi soir à la télévision, le ministre de la Sécurité intérieure avait évoqué un simple «incident», estimant que «la situ




