Le bâtiment vétuste et vide ne payait pas de mine, perdu dans une sorte de no man’s land entouré de fils barbelés et de palissades, au cœur de Jérusalem-Est. Pourtant, en décidant de commencer à raser dimanche la plus grande partie de l’ancien hôtel Shepherd, Israël a été bien au-delà d’une simple poursuite de sa politique de judaïsation de la ville : il s’en est pris à un symbole de la présence palestinienne dans la partie orientale de Jérusalem. La vingtaine de logements prévus pour accueillir une centaine de colons sur le site constitueront une nouvelle enclave juive dans le quartier arabe particulièrement sensible de Sheikh Jarrah, d’où des familles palestiniennes sont régulièrement expulsées pour être remplacées par des colons.
A proximité immédiate de l'ancien hôtel, se trouvent la quasi-totalité des consulats et représentations étrangères à Jérusalem-Est. Surtout, le bâtiment est historique pour les Palestiniens : il a servi de résidence à l'ex-grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, leader de la Grande Révolte palestinienne dans les années 1930, avant sa compromission avec le régime nazi. D'où les réactions particulièrement vives lorsque les bulldozers sont entrés en action dimanche matin. «L'Etat d'Israël démolit les propriétés palestiniennes les unes après les autres afin de nettoyer Jérusalem de son histoire, de son patrimoine et de ses habitants palestiniens», a protesté le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat. Les accusations palestiniennes on




