L’évasion, il y a dix ans jour pour jour, de Joaquín Guzmán Loera, devenu depuis le plus puissant trafiquant de drogue mexicain, a signé le point de départ de la terrible guerre des cartels de la drogue qui ensanglante toujours le Mexique. Rien qu’en 2010, plus de 15 000 personnes ont trouvé la mort dans des règlements de comptes ou des assassinats entre groupes mafieux. Or, depuis quelques jours, les informations qui filtrent dans la presse mexicaine mettent en cause les plus hautes autorités dans la cavale de l’actuel chef du cartel de Sinaloa.
Guzmán, «El Chapo» («le petit») de son surnom, a régné en maître sur la prison de Puente Grande, où il était enfermé pour trafic de drogue, de fin 1995 à début 2001. La peine fut légère : cette prison fédérale de haute sécurité, située dans l'Etat de Jalisco (centre), était devenue son royaume si l'on en croit une enquête menée par le parquet général de la République, l'équivalent du ministère de la Justice, et dont les conclusions sont divulguées ces derniers jours par les journaux. On y lit notamment que le narcotrafiquant «jouissait de tous les privilèges, après avoir transformé les fonctionnaires de la prison en employés».
El Chapo commandait tout ce qu’il désirait : des femmes, de l’alcool, du Viagra, des téléphones portables… Cette corruption généralisée dans la prison aurait eu une issue inéluctable : l’évasion de Guzmán le soir du 19 janvier 2001.
La version officielle indique qu’il est sorti de la prison caché dans un




