Ses camarades de classe l’appelaient «Mo Mo», ou «Mo au carré», un diminutif de son nom somalien un peu trop long, Mohamed Osman Mohamud. Ils le décrivent comme un parfait adolescent américain qui aimait les jeux vidéo et le basket, boire du gin, draguer les filles et faire la fête. Seuls quelques proches connaissaient aussi l’intérêt de Mohamed pour le jihad, le combat au service d’Allah. Sa famille s’inquiétait de sa radicalisation et avait elle-même, semble-t-il, alerté le FBI. La police fédérale a voulu tester jusqu’où le jeune homme serait prêt à aller. Jusqu’à tuer des enfants, leur a répondu Mo Mo.
Le procès du jeune Mohamed Osman Mohamud, 19 ans, est en cours d’instruction à Portland, au nord-ouest des Etats-Unis, illustrera de façon particulièrement dramatique les méthodes antiterroristes de la police américaine. Mo Mo encourt la prison à vie pour une tentative d’attentat qu’il a entièrement montée avec l’aide du FBI. Le 26 novembre, il a actionné par deux fois un téléphone portable qui, croyait-il, devait faire exploser une voiture piégée au milieu de la foule réunie pour l’illumination du sapin de Noël de Portland. Des milliers de familles assistaient à la cérémonie, l’attentat devait faire un bain de sang. Mais rien de tel ne s’est produit : les explosifs étaient des faux. Mohamed a été «piégé» par les agents du FBI qui le traquaient, pourront plaider ses avocats.
La police fédérale américaine, qui a déjà une longue expérience de ces méthodes de «guet-apens», assur




