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Libération
Interview

«Laurent Gbagbo fera l’objet d’un recours à la force»

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Alassane Ouattara, président élu de Côte-d’Ivoire, a rencontré «Libération» à l’hôtel du Golf d’Abidjan, où il s’est retranché depuis un mois et demi. Il évoque une intervention militaire pour sortir de la crise.

Alassane Ouattara, le 6 janvier 2011. (Reuters)
ParSabine Cessou
Envoyée spéciale à Abidjan
Publié le 20/01/2011 à 0h00, mis à jour le 20/01/2011 à 19h21

Les dernières rumeurs à Abidjan ont donné Alassane Ouattara malade, évacué à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, puis carrément mort. Dimanche, on a même chanté et dansé à Yopougon, un quartier acquis à Laurent Gbagbo, pour fêter sa mort. «Et bien sûr, c'est mon sosie qui a reçu l'émissaire de l'Union africaine, Raila Odinga», sourit Alassane Ouattara, installé dans le bureau du directeur de l'hôtel du Golf, à Abidjan. Président élu avec 54,1% des voix, selon des résultats certifiés par l'ONU et reconnus par la communauté internationale, il vit retranché depuis quarante-cinq jours dans cet hôtel, sous haute protection des Casques bleus. Il ne désespère pas, malgré le refus persistant de Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, et l'échec de la nouvelle médiation tentée lundi et mardi par Raila Odinga, le Premier ministre kényan (lire ci-contre).

Qu’attendiez-vous de la nouvelle médiation de Raila Odinga, qui a proposé un dialogue entre vous et Laurent Gbagbo ?

Je suis pour le dialogue, la démocratie et la paix, mais Laurent Gbagbo ne croit en rien du tout. J’étais persuadé que cette mission, comme les précédentes, ne donnerait rien. Laurent Gbagbo veut gagner du temps pour importer des munitions, des armes et des mercenaires.

Les médiations sont-elles vouées à l’échec ?

Lundi encore, Raila Odinga a été très clair : il a dit à Laurent Gbagbo que ce n’était pas la peine de tenter de convaincre qui que ce soit. Or, il s’accroche à cette idée que le Conseil constitutionnel l’a désigné. S’il suffit d’avoir un comité d’amis pour vous dire que vous êtes président, ce n’est plus la peine de faire des élections en Afriq

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