La dernière médiation tentée lundi et mardi par Raila Odinga, le Premier ministre kényan, s’est soldée par un échec : Laurent Gbagbo ne veut pas quitter le pouvoir, tandis qu’Alassane Ouattara refuse de le partager. Désormais, ce sont deux présidents isolés qui se font face dans une guerre des nerfs et un climat de tension grandissante. Depuis lundi, les coups de feu ne se font plus seulement entendre la nuit, dans les quartiers populaires, mais aussi dans la journée, en plein centre-ville.
Sanctions. Laurent Gbagbo, devenu un paria sur la scène internationale, contrôle toujours le pays grâce à une armée forte de 50 000 hommes, dont 4 000 fidèles recrutés dans son ethnie, mais aussi grâce aux médias d'Etat et à l'administration. Il est la cible d'une batterie de sanctions internationales pour avoir laissé un Conseil constitutionnel à sa botte annuler 600 000 voix et le déclarer vainqueur. Au pouvoir depuis 2000, Gbagbo ne peut plus compter que sur l'amitié affichée et assumée de l'Angola, gros producteur de pétrole, et sur la sympathie plus discrète de la petite Gambie, du Ghana voisin et de l'Afrique du Sud.
Dans les faits, il tient encore les cordons de la bourse, les impôts et les taxes tombant toujours dans son escarcelle. Le retrait de la signature des comptes ivoiriens de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au profit d’Alassane Ouattara, ordonné le 23 décembre par les ministres des Finances de la sous-région, est resté sans effet. E




