Jour après jour, les symboles et les instruments de l'ancien régime de Ben Ali partent en lambeau. Ce n'est pas la moindre singularité de cette révolution du jasmin qui, tout en restant très bon enfant et non violente, continue à avancer d'un pas résolu. Hier, c'est le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti hégémonique au pouvoir, qui a commencé à vaciller sous la pression de la rue. Pour le troisième jour consécutif, une manifestation réclamait la dissolution du symbole, mais hier, les protestataires, environ 2 000 personnes, ont pu manifester devant les grilles de l'imposant siège du RCD, avenue Mohamed V. Le bâtiment, un sévère building de verre teinté et de béton entouré de hautes grilles, est sous la garde de soldats qui badinent avec la foule. Les slogans, qui visaient Ben Ali vendredi dernier, sont désormais dirigés contre son parti : «RCD dégage»,«RCD out», «Rassemblement de Criminels Dictatoriaux». Majed Adjahi, un jeune avocat, se promène avec sa pancarte : «Le RCD, ce n'est pas un parti, c'est un Etat dans l'Etat. Il fait tout : il exproprie, donne les permis de construire, fait et défait les carrières. Comme je n'étais pas au RCD, aucune entreprise publique ne m'a jamais confié de dossier. Tout est en double ici : à tous les niveaux, il y a l'administration et le parti.»
Caillassée. Personne ne sait qui est à l'intérieur du bâtiment. Au bout de trois heures de crise et de chants, quatre ou cinq employ




