Qui aurait pensé que la Tunisie deviendrait ce laboratoire vivant de la transition vers la démocratie ? Un exemple pour le monde arabo-musulman et au-delà ? Jusqu’à présent, les Tunisiens ont évité les débordements et les bavures des changements de régime. Malgré la haine que suscitait la famille mafieuse du couple présidentiel, le pays a échappé aux règlements de comptes et aux exécutions sommaires de ses tortionnaires et geôliers. Mais le plus dur reste à venir. La Tunisie doit reconstruire un appareil d’Etat, dépecé et détruit par la dictature. Elle doit rebâtir une économie, littéralement rackettée. Elle doit créer une presse libre, une justice équitable, une administration affranchie de la mainmise d’un parti unique. Les Tunisiens se sont délivrés seuls et c’est à eux de décider des aides et soutiens extérieurs. Le gouvernement français, totalement déconsidéré, ne peut que se faire oublier. Mais la société civile française peut proposer appui et coopération à la société civile tunisienne. Les avocats et les magistrats aider la justice tunisienne. La presse assister des médias qui se dégagent de décennies de censure. Les universitaires, chercheurs, médecins, ONG peuvent aussi apporter leur coopération. Ces appuis doivent profiter de l’expertise des milliers de Franco-Tunisiens prêts à aider à refaire leur pays. Preuve que la France ne se résume pas aux politiques et journalistes bronzant sous le soleil d’une dictature. Preuve aussi qu’elle a autre chose à envoyer que son
EDITORIAL
Laboratoire
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Publié le 22/01/2011 à 0h00
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