La rumeur est devenue si pesante que l'ambassade américaine à Tunis a fini par poster, jeudi, un démenti officiel sur Facebook : «Les Etats-Unis nient catégoriquement avoir joué un rôle, quel qu'il soit» dans le départ de Ben Ali. Suggérer ce rôle c'est «discréditer le peuple tunisien», ajoute l'ambassade. Un démenti clair et net… qui n'empêche pas un internaute, sur la page Facebook de l'ambassade, de maintenir que le chef de l'armée tunisienne, le général Ammar, n'aurait certainement pas pu «forcer Ben Ali à quitter le pays» sans avoir «d'abord consulté Washington». Pour la diplomatie américaine, la révolution tunisienne est celle de tous les paradoxes : Washington se voit aujourd'hui crédité d'un rôle qu'il ne veut guère assumer… dans un pays auquel, de l'avis unanime des experts, les Etats-Unis ne se sont jamais beaucoup intéressés.
Grâce à WikiLeaks, les diplomates américains apparaissent comme ayant été les plus lucides sur le régime Ben Ali. Les télégrammes américains, révélés en décembre, décrivaient avec force détails le système de «quasi-mafia» qui entourait Ben Ali. Malgré la censure, ce point de vue américain sur le «régime sclérosé» de Ben Ali a fini par se savoir en Tunisie et a certainement encouragé la révolte. Pour ce qui est du rôle éventuel joué par les diplomates américains auprès du général Ammar et dans l'entourage de Ben Ali - pour les convaincre de ne pas ouvrir le feu et de laisser tomber le Présid




