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REPORTAGE

L’audace nouvelle des Egyptiens

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Quelque 20 000 manifestants ont défilé hier contre le régime. Trois personnes auraient été tuées.

Des manifestants au Caire, le 25 janvier 2011. (© AFP Mohammed Abed)
Publié le 26/01/2011 à 0h00

«Moubarak, dégage.» La pancarte est écrite en français, l'homme qui la porte serre les mâchoires. Sur la place Tahrir, en plein centre du Caire, ils sont comme lui des milliers, 15 000 à 20 000, encerclés par des cordons de police anti-émeute. Au pied du bâtiment blanc de la Ligue arabe, un camion blindé fonce, des grappes de manifestants accrochés au pare-chocs. «Moubarak, l'Arabie n'est pas loin !» crie la foule, allusion à l'ancien président tunisien Zine el-Abdine Ben Ali, réfugié à Riyad. Au regard des 18 millions d'habitants qui peuplent la capitale égyptienne, la mobilisation pourrait paraître infime. Elle est pourtant exceptionnelle, la plus importante que le Caire ait connue depuis 2003, et le déclenchement de la guerre en Irak. La foule est disparate, professeurs d'université, étudiants, mères de familles, islamistes aux barbes longues.

Sermons.«Regardez ces jeunes, ils n'ont pas peur», se réjouit Magdi Hussein, un ingénieur de 57 ans, venu voir «si les Egyptiens sont aussi courageux que les Tunisiens».«Nous sommes diplômés, et sans emplois. Nous sommes jeunes, et sans avenir. Pas de liberté politique, pas de liberté économique. Alors on fait quoi ? On se met le feu ?» s'époumone un jeune homme, dans la fumée des gaz irritants. La semaine dernière, quatre personnes, au moins, se sont immolées en Egypte, gestes désespérés que les sermons des imams, dans les mosquées, ont condamnés, vendredi, sur l'injoncti

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