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Libération
Reportage

La Tunisie craint de se faire voler sa révolution

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Les puissants syndicats demandent la dissolution du gouvernement. Le remaniement se fait attendre.

Manifestation à Tunis, le 25 janvier 2011. (AFP Fethi Belaid)
ParLéa-Lisa Westerhoff
Envoyée spéciale à Tunis Léa-Lisa
Publié le 26/01/2011 à 0h00, mis à jour le 26/01/2011 à 14h08

Manifs et contre-manifs. Les partisans du gouvernement de transition, plusieurs centaines de personnes, défilent en groupe sur l'avenue Bourguiba, l'artère centrale de Tunis. Quelques pancartes : «Le vrai choix se fera par le vote, en attendant soyons unis», ou encore, inscrit en rouge et noir, «Appel aux enseignants : travaillez ! L'avenir de nos enfants n'est pas un jeu.» Depuis le trottoir, les «anti» regardent. La rencontre est électrique.

«Nous, on est debout, pas vous !» crie Hichem, grosse moustache, prof d'une cinquantaine d'années. «C'est pas vrai, le pays est dans l'anarchie totale, il faut se remettre au travail», répond Chaer, trader, les cheveux gominés et rasé de près. Ceux qui manifestent en faveur du gouvernement de transition démentent évidemment s'être déplacés à l'appel de l'ex-parti au pouvoir. Mais les observateurs sont sans appel : c'est la première fois que le RCD ressort dans la rue depuis le départ de Ben Ali. «Le risque de contre-révolution est réel», commente Nizar Amami, membre de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Dans la journée, pour la première fois, des incidents ont été signalés à Gafsa, Monastir et Sousse.

Au siège de l’Union syndicale maghrébine, l’UGTT travaille à l’élaboration d’une sortie de crise. Avec des bureaux présents dans tout le pays et 500 000 adhérents, c’est la seule force structurée de la société civile. L’ensemble des associations tunisiennes et des partis politiqu

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