Beaucoup de Tunisiens veulent voir Zine el-Abidine Ben Ali, sa famille, et ceux qui ont profité de son régime, traduits devant les tribunaux. Pour les crimes qu'ils ont commis, et pour l'argent volé au pays. Parmi les manifestants réunis ce jeudi sur la place de la Kasbah de Tunis, lieu de mobilisation contre l'actuel gouvernement, certains réclamaient que l'ancien président soit jugé pour « crimes contre l'humanité ». « C'est un meurtrier, un meurtrier !», crie une femme.
Le gouvernement tunisien a demandé à Interpol l'arrestation de Ben Ali, qui est réfugié en Arabie Saoudite, afin qu'il soit jugé à Tunis. Une « mission corruption » créée par les actuels dirigeants sous la pression de la société civile, doit enquêter par ailleurs sur l'argent détourné par les Ben Ali et leur affidés.Mais, pour les avocats, sa composition fait peser des doutes sur son impartialité. Ils n'ont pas été invités à y participer, pas plus que les magistrats.
«La mission se compose d'experts-comptables et d'universitaires qui ne se sont pas distingués par leur indépendance vis-à-vis du régime Ben Ali », note un avocat.
« Il y a 1800 magistrats en Tunisie. Est-ce qu’on va confier nos droits à ces gens-là? Je dis non »
En admettant même que les scandales de l'ère Ben Ali arrivent devant les tribunaux, comment espérer qu'une magistrature, totalement aux ordres de l'ancien pouvoir, puisse instruire ces dossiers et les juger en toute impartialité? En visite en Tunisie, pour soutenir la révolution, l'ancienne magistrate Eva Joly, députée verte européenn




