Coups de matraque, gaz lacrymogènes, courses-poursuites. Tunis a renoué, vendredi, en fin de journée, avec des méthodes qui n'avaient plus cours depuis deux semaines, en fait depuis la fuite du président Ben Ali. Le gouvernement a fait évacuer par la force le campement de manifestants, installé, depuis dimanche dernier, devant le siège du Premier ministre, dans la Casbah de Tunis. «Les hommes changent mais les méthodes restent les mêmes», déplore Salma, une étudiante, venue, comme chaque jour, apporter son soutien aux manifestants. L'opération, qui a donné lieu à des affrontements très violents, s'est poursuivie sur l'avenue Bourguiba où se sont dispersés les occupants de la «caravane de la liberté», ainsi qu'ils se surnomment. Juste après l'évacuation, les services de la voierie ont démonté le camp de fortune et posé des barrières, sous les yeux de l'armée qui est restée l'arme au pied. En six jours et cinq nuits, le lieu était devenu un tel capharnaüm que le Premier ministre n'y siégeait plus, préférant travailler au palais présidentiel de Carthage, dans une banlieue huppée de Tunis.
Malgré la violence de l’intervention policière de vendredi, qui a causé une dizaine de blessés, il y a de fortes chances qu’elle relève plus du baroud d’honneur que d’un retour aux troubles. Jeudi soir, en effet, le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, avait annoncé un large remaniement, comme l’exigeaient les manifestants dont les rangs n’ont cessé de grossir tout au long de la semai




