La révolution tunisienne a provoqué un séisme sans précédent dans le monde arabe. Un peuple a renversé un dictateur qui se croyait éternel, fort du soutien de ses amis occidentaux, fort de son appareil de répression et de censure. Aujourd’hui, tous les peuples du monde arabo-musulman -et au-delà - se disent qu’ils peuvent, qu’ils doivent faire comme leurs frères tunisiens. Une théorie des dominos de la démocratie.
Parmi les dictatures moyen-orientales, l’Egypte apparaît comme la plus vulnérable. La journée de vendredi l’a prouvé, et le discours tard dans la soirée d’Hosni Moubarak, annonçant pour ce week-end un nouveau gouvernement, ne suffira peut-être pas à inverser le cours des choses. Pendant trente ans, le dictateur égyptien a écrasé toute opposition. Sa police a torturé et tué les opposants. Ses réélections n’ont été que des exercices bidons. Le peuple égyptien, lui, subit une terrible misère, à l’exception d’une frange corrompue proche du pouvoir. Ce qui n’a pas empêché le raïs de profiter du soutien politique et financier de l’Occident, des Etats-Unis notamment. Au nom de la paix signée avec Israël et de sa lutte féroce contre les islamistes. Cette politique montre aujourd’hui ses limites et ses dangers. Les chancelleries occidentales ont reconnu tardivement le changement démocratique en Tunisie. Elles se sont gardé vendredi de lâcher Hosni Moubarak.
La répression et la misère n’ont pourtant fait que renforcer les Frères musulmans. Et Hosni Moubarak, tout comme Ben Al




